Historique et patrimoine
L’histoire de Sénas est aussi, de par sa situation géographique privilégiée, entre Alp
illes et Lubéron, liée à celle d’un site. La succession de nombreux habitats a laissé des traces : les stèles préhistoriques, une statuaire énigmatique, trouvées sur nos terres et aujourd’hui exposées au musée Calvet d’Avignon en est un premier témoignage.
La chapelle Sainte Marie des Méjeans
Cette petite chapelle, aujourd’hui ruinée, se dressait sur la colline de la Cabre, au lieu-dit « Les Méjeans » . Il s’agissait d’une petite chapelle domaniale, érigée par un certain Radulph de Senatio. Ce personnage, vraisemblablement un halleutier (homme libre, propriétaire d’une terre libre de toute taxe) en a fait don au monastère de Saint Victor, en 1020. Ce personnage, au nom d’origine germanique, semble avoir été un notable important puisque son nom reparaît vers 1060 dans une cérémonie au monastère de Saint Victor à laquelle participaient les Vicomtes de Provence.
On ignore la date et les circonstances de la destruction de cette chapelle, perdue dans les vignes.
L’église de Saint Amand
A la fin du XIème siècle, les seigneurs de Sénas avaient fait construire 3 chapelles dont la chapelle de Saint Amand : cet évangélisateur de la Flandre, évêque de Maastricht, grand protecteur des récoltes, en devint le saint patron En 1150, Saint Amand est offerte à l’évêque Geoffroi d’Avignon qui s’en fait confirmer la propriété par le pape Adrien IV le 24 avril 1155.
A partir de cette date, la chapelle de Saint Amand est érigée en église paroissiale et l’évêque en confie l’administration au Chapitre de Notre Dame des Doms d’Avignon, auquel les Sénassais payaient la dîme jusqu’en 1790. En 1306, l’église est agrandie par la construction de la nef centrale et du chœur. Au XVème siècle, c’est l’édification du collatéral nord.
Le clocher, construit en 1306, se distingue par sa flèche massive ornée de rostres ; les sénassais ont été frappés par par l’aspect bizzare de ces « nez » de pierre (nas en provençal) et par leur nombre impair (sept – sé). D’où un jeu de mots facile sur les « Sept Nez » (sé-nas) …
Le lavoir du Pont de la Pierre
Autrefois, Sénas possédait 3 lavoirs. Celui-ci fut érigé en même temps que le premier château d’eau, en 1924. Chaque matin, le garde champêtre mettait l’eau au lavoir.
Le pont du Bosquet
Appelé aussi pont romain. Ce joli pont romantique ne date cependant que de 1812, et enjambe le canal des Alpines, creusé à la veille de la révolution et terminé vers 1840.
Le château
C’est au XIIIème siècle que tout commence. Pour se défendre, les seigneurs de Sénas font construire un donjon. A une date indéterminée, un deuxième bâtiment est accolé au premier. Un château est alors bâti dans le centre du village, dans lequel plusieurs familles se succèderont entre le XIIIème et le XVIIIème siècle (les Porcelet-Sacristain d’Arles, les d’Arcussia de Turriers, les Jarente d’Orgeval, les Benault de Lubière).
Sénas s’entoure pour un temps de remparts (il en reste un élément : la Parée, dans le jardin public), destinés à éloigner les bandes de Raymond de Turennes puis du baron des Vins, adversaires de la famille Jarente. Jusqu’en 1757, le château conserve son caractère militaire mais à partir de 1775, il est aménagé en résidence de campagne. Le donjon devient alors l’aile droite du château. Un parc est même aménagé comme en témoigne le vase à godrons exposé dans le hall du théâtre de l’Eden. Mais l’existence du château rénové sera brève puisqu’il est vandalisé en 1792. Le château ne sera pas remis en état, les héritiers manquant d’argent. Les promeneurs peuvent aujourd’hui retrouver des vestiges certes rares mais bien identifiables de l’ensemble castral.